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mardi 19 février 2013

Mentir aux enfants ?!



J'ai souvent lu et entendu cet axiome : Il ne faut pas mentir aux enfants. 


Certes. 

Dans l'absolu j'adhère. Mais là où je n'adhère plus, c'est que bien souvent le sujet qui mène à cette vérité absolue, je vous le donne en mille, c'est le Père Noël. Ce sujet est un troll récurent sur les communautés de mamans (enfin un des troll parce qu'il y en a tellement, l'allaitement, les boucles d'oreilles, l'éducation non-violente et j'en passe !) 
Le Père Noël donc, flanqué de sa copine la Petite Souris, sont bien souvent montrés du doigt par des mamans parfaites qui refusent de mentir à leurs chères petites têtes blondes. Ces gentilles mamans leur expliquent donc dès leur plus jeune âge que la montagne de cadeau qu'ils trouvent sous le sapin (montagne tellement débordante que la chère petite tête blonde en question ne se souvient généralement plus du premier paquet déballé avant d'avoir atteint le dernier, mais c'est une autre histoire) n'est que le fruit du travail et des sacrifices parental. Ouais. Youpi. Sympa le réveillon ! Autant je ne suis pas pour entretenir à tout prix la croyance, autant interdire aux enfants de rêver me parait éminemment violent. Personnellement je ne pense pas que raconter une jolie légende collective, inventée pour les enfants, soit un mensonge. Pas plus que l'éternel "Mange ta soupe ça fait grandir" d'ailleurs, et pourtant l'un comme l'autre ne sont pas des vérités. Nous ne vivons pas dans un monde manichéen, entre le blanc et le noir il y a une magnifique palette de gris, et même mieux, une infinité de couleurs qui embellissent la vie ! 
De plus, je pense qu'apprendre à différencier l'imaginaire du réel est capital dans la construction de l'intellect de l'enfant. Et comment apprendre à discerner l'imaginaire si celui-ci n'existe pas. Quand je rajoute un couvert à table pour le copain invisible de mon zouavillot, est-ce que je lui mens ? Quand je lui explique que mes Mamies sont dans le ciel, est-ce que je lui mens ? Non, je ne crois pas. 

Par ailleurs, il semble perçu comme normal de ne pas montrer à un enfant quand une de ses bêtises nous amuse. Quand je retrouve ma zouavillotte couverte de chocolat parce qu'elle s'est fait tomber le pot sur la tête en essayant de piquer dedans, oui c'est une bêtise, oui ça m'agace parce qu'il va falloir nettoyer, mais oui aussi ça me fait hurler de rire ! Sa petite tête dépitée est impayable ! Il me semble plus mensonger alors de feindre la colère plutôt que d'éclater naturellement de rire. Evidemment je lui explique que c'est une bêtise  et qu'elle a plutôt intérêt à m'aider à remettre de l'ordre. Mais je refuse de lui mentir sur mon sentiment premier.

Alors je ne dis peut-être pas que des vérités à mes enfants, mais au moins je ne leurs mens pas. Na.

lundi 14 janvier 2013

Non au politiquement correct !


Voilà, c’est dit ! S’il y a bien une chose que je trouve hypocrite dans notre société, c’est bien le politiquement correct. Gros, vieux, sourd, noir… sont des mots qui ont été inventés non pas pour se moquer ou pour rabaisser les gens, mais pour les décrire. En quoi dire d’une femme qu’elle est grosse, d’un homme qu’il est vieux ou d’un enfant qu’il est noir serait-il plus choquant que de parler de la collègue « bien en chair », du voisin « du troisième âge » ou pire du petit camarade « de couleur » ? Sommes-nous tellement cernés par la méchanceté que nous ne puissions plus voir dans ces descriptifs que des agressions ? 

Et pour reprendre mon dernier exemple, le racisme est-il plus marqué quand on utilise des termes tels que "noir" ou "arabe" ou bien quand on tourne autour du pot (« tu sais le voisin, celui qui est grand avec des lunettes et une petite moustache… » « Ah, tu veux parler du monsieur qui a "des origines" * ? » « Oui, voilâââ !!! ») La mesquinerie de ces faux-fuyants me semble tellement plus symptomatique d’un racisme latent qu’une expression claire et précise.  

Quand je parle de quelqu’un qu’il ne connait pas à mon zouavillot, en général il me demande : 1/ c’est un garçon ou une fille ? 2/ il est de quelle couleur ? Parfois, quand il me pose cette question en public, je surprends le regard offusqué de quelques "bien-pensants". Et ça me fait rire ! Parce que mon fiston quand il demande ça, c’est juste pour se faire une idée de la personne qu’il va rencontrer (parce qu’on aura beau dire ce qu’on voudra, un blanc et un noir, ça ne se ressemble pas !) et en aucun cas pour se confronter à une soi-disant échelle de valeur. 
Alors quoi ? Je devrais lui apprendre que la couleur des gens est taboue, et ainsi apporter encore un peu d’eau au moulin du racisme ordinaire ? S’il me demandait la coiffure ou la couleur du pantalon de cette même personne tout le monde trouverait cela mignon, mais la couleur de sa peau ! Ouuuhh, c’est honteux !!!

Alors non, je ne céderai pas à la mode du politiquement correct, même si ça me vaut des regards en coin ou des remarques mal venues. Et tant que j’y suis, je tiens à apporter mon soutien à tous les homosexuels, homos, lesbiennes, gays, pédés, gouines ou peu importe le terme, qui vivent à l’heure actuelle une humiliation des plus choquantes : se faire insulter par un demi-million de ses « frères » (Liberté, Egalité, Fr… non vraiment sur ce coup-là, je n’y crois plus !) quel que soit le vocabulaire utilisé, ça reste une gifle dont on ne doit pas se relever si facilement…

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* « Des origines » : Expression grotesque et hypocrite visant à désigner une personne "visuellement" étrangère. 
Ex : un guadeloupéen, un malien ou encore un roumain ont « des origines » alors qu’un breton aux yeux bleu, un savoyard pur souche ou même un anglais à l’accent si charmant eux, n’en ont évidement pas !!!

lundi 3 décembre 2012

Du Portage Physiologique

En ce moment, hiver et transports en commun obligent, je croise souvent des parents qui portent leurs nourrissons en porte-bébé. Mais, si à mon grand plaisir on voit de plus en plus souvent des systèmes de portage physiologiques (écharpes, préformés, slings…), en grande majorité ces accessoires restent de très (trop !) classiques BabyBeurk ! (Oui, je sais, j’utilise un terme forumesque et péjoratif, mais il est hors de question que je fasse plus de pub à la marque suédoise qu’elle n’en a déjà, na !).

Je trouve aberrant qu’à l’heure actuelle, avec les connaissances existant sur la physiologie du portage, BabyBeurk ait toujours le culot de vendre, et à des prix exorbitants en plus, ses espèces de sacs à bébés, tout aussi inconfortables pour le porteur que pour le porté.

Pour les néophytes, quelques notions de bases sur le portage :
Portage Physiologique
Portage en harnais, dit classique
POSISITION DU BÉBÉ
Assis ou accroupi, porté sur ses fesses
Debout, porté par ses parties génitales
PHYSIOLOGIE DU BÉBÉ
Dos arrondi, genoux remontés : assez similaire à la position fœtale.
Dos droit (voire cambré en position face au monde), jambes pendantes.
PHYSIOLOGIE DU PORTEUR
Poids du bébé réparti entre le bassin, le dos et les épaules.
Intégralité du poids sur les épaules.
DURÉE D'UTILISATION
De la naissance jusqu’à plus de 3 ans (15-20 kg)
De la naissance jusqu’à 6-8 mois (environ 9 kg)
FOURCHETTE  DE  PRIX
D’une trentaine d’euros (slings) à une centaine (préformés)
D’une soixantaine d’euros à plus de 135 euros selon les modèles


La comparaison est plus que parlante n’est-ce pas ? (et je promets en mon âme et conscience que je suis restée parfaitement objective)

Alors je me pose la question, pourquoi ? Pourquoi cette marque ne se reconvertit-elle pas dans la confection de meilleurs porte-bébés ?
Qu’on ne me parle pas de loi de l’offre et la demande, la majorité de la demande actuelle étant orientée par la pub. Je ne vois pas pourquoi Madame Michu, si elle était bien informée, préférerait acheter un ustensile inconfortable quand elle pourrait en avoir un mille fois mieux au même prix. Si elle continue d’acheter ces horreurs c’est uniquement parce qu’elle ne sait pas qu’il existe autre chose, mieux de surcroît.
Qu’on ne me parle pas de rentabilité, je ne vois pas pourquoi ils ne pourraient pas transformer leur string-à-bébé en un système de type Manduca ou ErgoBaby, qu’ils pourraient vendre aussi facilement, sans surcoût, et qui respecterait le dos de leur clientèle, grande et petite ?
Non, j’ai beau tourner et retourner la question dans ma tête je ne trouve vraiment pas de logique à cette politique de l’autruche, si ce n’est la paresse (pourquoi se fatiguer à faire mieux alors que ça se vend ainsi) et le mépris d’une clientèle acquise.

Alors puisqu’on ne peut pas compter sur les industriels pour informer les gens, je pense que c’est notre devoir à nous, parents informés, de jouer le rôle d’instructeurs et de publicitaires pour tous les moyens de portages respectueux. Et pour cela, je vous recommande le magnifique site Porter son enfant. Clair et complet, il vous offrira tous les conseils indispensables pour comprendre le portage et trouver le porte-bébé qui vous convient.

lundi 22 octobre 2012

De la violence ordinaire

« Plus ça va et plus il est infernal, les fessées ne lui font rien, même les claques ne lui font plus peur » 

Triste brève de couloir, qui me rend d’autant plus triste qu’elle vient de toi, madame Bio. Toi qui nous racontes pourtant la violence de tes propres parents. Toi qui nous expliques que « de toutes façons avec ma mère quoi que je fasse ça tombait, alors j’ai vite appris à faire ce que je voulais à ce prix là… » Comment ton passé a-t-il fait pour ne pas t’apprendre que la violence ne résout rien ? Comment ton enfance ne t’a-t-elle pas fait réfléchir à l’efficacité de cette « méthode » d’éducation. Je ne peux pas m’effacer de l’esprit ces scènes de violence que tu nous décris si souvent, comme par exemple cette fois où, parce qu’il avait manqué de respect à un voisin quelques heures plus tôt, tu as demandé à ton fils de 6 ans d’enlever ses lunettes pour lui décoller un aller-retour qui t’a fait mal à la main ! Et que, summum de l’irrespect, ce petit effronté n’a même pas daigné pleurer… Moi l’abjecte sans cœur j’ai des larmes dans les yeux en écrivant ça. Ça parait tellement banal pour toi, tellement normal. Je n’ai certes pas la prétention de dire que jamais une gifle ne s’échappera de ma main sous le coup de la colère (Quoique… Et même si ça devait arriver, en aucun cas je ne pourrais m’en vanter comme tu le fais), mais de cette façon, froidement, et si décorrélé de la bêtise, c’est strictement impensable. La violence engendre la violence, toi la petite fille frappée quotidiennement par une mère irraisonnée, tu poursuis ce modèle et tu en es fière, comme si le fait d’avoir survécu à cette violence te donnait le droit de la reproduire… 

Dans ta brève de couloir je relis ton histoire qui se répète, c’est tellement dommage…
Et moi, lâche que je suis, je ne dis rien, je t’écoute sans broncher, sans avoir le cran d’essayer de te faire voir les choses différemment. C’est Lady Quiet qui reprend le dessus, je n’ose tout simplement pas. Je n’ose pas te parler d’éducation non-violente et d’écoute active, je n’ose pas te conseiller de lire Thomas Gordon ou Faber & Mazlish. Et j’ai tellement honte de ne pas oser…

Mais quand je vois que tant d’autres eux osent, osent t’encourager à continuer dans cette violence ordinaire « parce que sans ça tu vas te faire bouffer par tes mômes » je me dis qu’il y a définitivement quelque chose qui m’échappe dans la nature humaine…